Un soignant ouvre sa session sur c.netsoins, valide un acte, puis ferme l’onglet. En quelques secondes, le logiciel a vérifié son identité, filtré les données accessibles selon son profil et horodaté chaque action. Derrière cette simplicité apparente, la sécurité d’accès sur c.netsoins repose sur trois piliers techniques que tout utilisateur en EHPAD devrait comprendre : la gestion des mots de passe, l’attribution des droits et la traçabilité des actes.
Politique de mots de passe sur c.netsoins : ce que le référentiel HDS v2.0 change
Chaque professionnel qui se connecte à c.netsoins utilise un couple identifiant/mot de passe fourni par l’établissement. Jusque-là, rien de surprenant. La différence avec un simple mot de passe de messagerie tient au cadre réglementaire.
Depuis le 16 mai 2026, seuls les hébergeurs conformes au référentiel HDS v2.0 peuvent légalement stocker des données de santé en France. Ce nouveau référentiel, issu de l’arrêté du 26 avril 2024, renforce les exigences de gestion des accès. Concrètement, cela signifie que la plateforme impose des règles de complexité et de renouvellement plus strictes qu’auparavant.
Vous avez déjà été obligé de choisir un mot de passe avec majuscule, chiffre et caractère spécial ? Sur c.netsoins, cette contrainte n’est pas un caprice ergonomique. Elle découle directement des normes HDS appliquées au logiciel DUI.

Quelques principes à retenir pour gérer son mot de passe sur c.netsoins :
- Ne jamais partager ses identifiants avec un collègue, même pour « gagner du temps » lors d’une transmission. Chaque session doit être nominative pour que la traçabilité fonctionne.
- Changer son mot de passe dès la première connexion et ne pas réutiliser un mot de passe déjà employé sur un autre service (messagerie personnelle, réseau social).
- Signaler immédiatement la perte ou le vol de ses identifiants au référent informatique de l’établissement, car un compte compromis donne accès au dossier usager informatisé de l’ensemble des résidents rattachés au profil.
Un mot de passe partagé annule toute valeur de la traçabilité. Si deux aides-soignants utilisent le même compte, il devient impossible de savoir qui a validé quel soin. Le logiciel enregistre un nom, pas une personne.
Droits d’accès c.netsoins : chaque profil ne voit pas les mêmes données
C’est un point que les guides concurrents survolent souvent. Sur c.netsoins, l’accès aux informations n’est pas binaire (connecté ou non). Il est segmenté par profil professionnel.
Un médecin coordonnateur accède au dossier médical complet d’un résident, incluant les prescriptions, les résultats d’examens et l’historique des pathologies. Une aide-soignante, en revanche, consulte le plan de soins quotidien, les transmissions ciblées et les fiches de suivi, sans nécessairement voir la totalité du dossier médical.
Pourquoi cette distinction ? Parce que le RGPD appliqué au secteur de la santé impose le principe de minimisation des accès : chaque professionnel ne doit voir que les données strictement nécessaires à sa mission. Le logiciel DUI Netsoins traduit cette obligation en filtres techniques paramétrés par l’administrateur de l’établissement.
Le rôle de l’administrateur dans la configuration des droits
L’administrateur (souvent le cadre de santé ou le directeur) définit les profils dans c.netsoins. Il associe chaque compte utilisateur à un rôle : médecin, infirmier, aide-soignant, psychologue, agent administratif, famille.
Ce paramétrage initial est déterminant. Un profil mal configuré peut donner à un agent d’accueil l’accès aux prescriptions médicales, ou empêcher un infirmier de valider un acte de soin. Vérifier les droits attribués à chaque nouveau compte avant la première connexion évite ces situations.
Le décret du 24 mars 2026 ajoute une contrainte supplémentaire : l’établissement doit désormais documenter la cartographie des accès, y compris les accès distants (support éditeur, télémaintenance). Cela signifie que même l’accès technique de l’éditeur Orisha Socialcare au serveur doit être tracé et justifié.
Traçabilité des actes dans le DUI Netsoins : qui a fait quoi, et quand

La traçabilité est le troisième pilier de la sécurité sur c.netsoins, et probablement le plus sous-estimé au quotidien. Chaque action réalisée dans le logiciel (validation d’un soin, modification d’une prescription, ajout d’une transmission) est horodatée et associée au compte utilisateur connecté.
Ce journal d’activité remplit deux fonctions distinctes. La première est médico-légale : en cas de litige sur un acte de soin, l’établissement peut prouver qui a réalisé quoi et à quelle heure. La seconde est organisationnelle : le cadre de santé peut analyser les flux de validation pour détecter des retards récurrents ou des oublis dans la chaîne de soins.
Ce que le journal de traçabilité enregistre
- L’identité du professionnel connecté (nom, prénom, profil) et l’heure exacte de chaque action.
- La nature de l’action : création, modification, suppression ou simple consultation d’une donnée du dossier usager.
- Le résident concerné, ce qui permet de reconstituer l’historique complet des interventions sur un dossier précis.
- Les connexions et déconnexions, utiles pour identifier des accès inhabituels (connexion nocturne depuis un poste non référencé, par exemple).
Cette granularité n’a de valeur que si chaque soignant utilise son propre compte. On revient ici au point de départ : la traçabilité repose entièrement sur l’authenticité de la session.
Localisation des données de santé et accès distant sur c.netsoins
Le décret du 24 mars 2026 impose que les données de santé hébergées par des solutions comme Netsoins restent localisées dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Pour un EHPAD, cette contrainte a une conséquence directe sur la politique d’accès.
Si un prestataire technique intervient à distance sur le serveur depuis un pays hors UE/EEE, cet accès doit faire l’objet d’une analyse de risque documentée. Le référentiel HDS v2.0 renforce cette exigence en demandant une cartographie détaillée des transferts de données et des risques d’accès distant.
En pratique, cela signifie que l’établissement doit interroger son éditeur sur la localisation exacte des serveurs et sur les conditions d’accès du support technique. Un hébergement certifié HDS ne garantit pas à lui seul la conformité si les accès de maintenance ne sont pas encadrés.
La sécurité d’accès sur c.netsoins ne se résume pas à un bon mot de passe. Elle articule trois mécanismes complémentaires, du compte nominatif aux droits filtrés par profil, jusqu’au journal de traçabilité. Le passage au référentiel HDS v2.0 et les exigences du décret de mars 2026 sur la localisation des données ajoutent une couche de responsabilité pour les établissements. Vérifier régulièrement la configuration des comptes et la documentation des accès distants reste le geste de prévention le plus concret.